Historiquement, les tambours royaux des Bayeke avaient plusieurs fonctions, dont certaines ne sont plus courantes de nos jours. Les tambours Yeke étaient utilisés pour annoncer l’arrivée du chef, un deuil, ou la guerre. Cependant ils sont plus souvent utilisés lors des fêtes commémoratives, cérémonies, ou pour signifier une joie.
Chez les Bayeke -élément qui les distingue des autres tribus dans le Katanga- on trouve quatre tambours qui sont battus à l’aide de bâtons et non par la main.
Il y a deux catégories de tambours: ceux qui sont utilisés pour toutes les occasions (deuils, fêtes, et célébrations) et ceux que les Bayeke appellent les tambours du roi. Les premiers sont faits de tonneaux vides et couverts d’une peau de vache aux deux extrémités évidées du tonneau.
En contraste, les tambours royaux sont faits de troncs d’arbres, en forme conique, et comme ceux qui ont ete precedemment decrits, les tambours royaux sont couverts d’une peau de vache bien étirée aux deux extrémités, liées par des fils en peau de vache. Les tambours royaux ne peuvent pas être déplacés sans l’autorisation et la bénédiction du Mwami ou un notable attitré.
Selon le rythme des chants, qu’ils soient d’une cadence posée ou accélérée, on peut battre deux tambours ou les quatre en même temps dans une synchronisation impressionnante, qui exige la perfection de chaque batteur, et cela n’a pas changé depuis des siècles.
La nomenclature des tambours royaux varient aussi selon les clans. Dans certains clans du Busumbwa, on les nommait ainsi, du plus petit au plus grand: Mbada, Nzaba, Nzerera, et Ntimbo.
En terme général, chez les Bayeke, ils sont connus dans le même ordre comme: Nakenge, Nakakenge, Nzerera, et Ntimbo. Et tous réunis, on les appelle Yamilango ou Ngoma ya Misambwa.
Lors du décès du roi, la population est sommée de ne pas pleurer jusqu’à ce que les notables désignés coutumièrement confirment la triste nouvelle. A cet instant, le gros tambour, qui est construit lors de l’intronisation du défunt roi, est percé, et le deuil peut alors commencer.
Les tambours Yeke demeurent l’un des traits distinctifs et l’une des fiertés de cette tradition pluri-séculaire.
